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Freud : Au-delà du principe du plaisir

 La théorie psychanalytique admet sans réserves que l’évolution des pro­cessus psychiques est régie par le principe du plaisir. Autrement dit, nous croyons, en tant que psychanalystes, qu’elle est déclenchée chaque fois par une tension désagréable ou pénible et qu’elle s’effectue de façon à aboutir à une diminution de cette tension, c’est-à-dire à la substitution d’un état agréable à un état pénible. Cela équivaut à dire que nous introduisons, dans la consi­dération des processus psychiques que nous étudions, le point de vue écono­mique, et nous pensons qu’une description qui tient compte, en même temps que du côté topique et dynamique des processus psychiques, du facteur économique, représente la description la plus complète à laquelle nous puis­sions prétendre actuellement et mérite d’être qualifiée de méta­psychologique.

Nous sommes décidés à établir entre le plaisir et le déplaisir, d’une part, la quantité d’énergie (non liée) que comporte la vie psy­chique, d’autre part, certains rapports, en admettant que le déplaisir corres­pond à une augmentation, le plaisir à une diminution de cette quantité d’éner­gie. Ces rapports, nous ne les concevons pas sous la forme d’une simple corrélation entre l’intensité des sensations et les modifications auxquelles on les rattache, et encore moins pensons-nous (car toutes nos expériences de psycho-physiologie s’y opposent) à la proportionnalité directe ; il est probable que ce qui constitue le facteur décisif de la sensation, c’est le degré de diminu­tion ou d’augmentation de la quantité d’énergie dans une fraction de temps donnée. Sous ce rapport, l’expérience pourrait nous fournir des données utiles, mais le psychanalyste doit se garder de se risquer dans ces problèmes, tant qu’il n’aura pas à sa disposition des observations certaines et définies, susceptibles de le guider. 

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